C’est la hantise de beaucoup d’élèves et de professionnels confirmés. Vous êtes en séance, le client vous regarde, il vient de finir une phrase, le silence s’installe… et rien ne vient.
Pas d’intuition fulgurante. Pas de question pertinente. Pas d’outil magique qui surgit dans votre esprit. Juste un grand blanc.
À cet instant, une petite voix intérieure paniquée murmure souvent : « Je suis nul.le », « Je ne sers à rien », « Il va voir que je ne sais pas ».
Chez Théolis Formations, nous voulons vous rassurer : le manque d’inspiration n’est pas une faute professionnelle. C’est un phénomène cyclique normal, et parfois même, c’est une excellente nouvelle pour votre client.
Inspiration vs Performance : Le piège du « Sauveur »
Pourquoi avons-nous si peur de manquer d’inspiration ? Parce que nous croyons, souvent inconsciemment, que nous devons « produire » du résultat. Nous pensons devoir être brillants, percutants, avoir la solution.
Or, l’inspiration, au sens étymologique (in-spirare), c’est le souffle qui entre. Ce n’est pas quelque chose que l’on force, c’est quelque chose que l’on reçoit.
Si vous êtes obsédé par l’idée de trouver quoi dire, vous n’êtes plus en train d’écouter l’autre. Vous êtes en train d’écouter votre propre peur de l’incompétence.
Le vide stérile et le vide fertile
Il faut distinguer deux types de pannes :
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Le vide stérile (L’épuisement) : Vous êtes à sec parce que vous ne vous nourrissez plus. Vous donnez, donnez, donnez, sans jamais recharger vos batteries. Un accompagnant qui ne lit plus, ne se forme plus, ne voit pas d’art ou de nature, finit par tourner en rond. L’inspiration naît du frottement avec le monde. Si vous manquez d’idées, c’est peut-être que vous manquez de « nourriture » intellectuelle et sensible.
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Le vide fertile (La place pour l’autre) : Parfois, vous ne savez pas quoi dire… parce qu’il n’y a rien à dire. Votre silence n’est pas une absence, c’est un espace. C’est souvent quand l’accompagnant « ne sait plus » et lâche prise sur sa volonté d’aider, que le client accède enfin à sa propre solution. Votre manque d’inspiration devient alors le moteur de son autonomie.
Comment relancer le flux ?
Si toutefois ce sentiment de sécheresse perdure et vous pèse, voici trois pistes pour rouvrir les vannes :
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Revenez à la base : L’Écoute Active. Quand vous ne savez pas quoi dire, ne dites rien. Écoutez. Reformulez. Revenez au mot à mot du client. La solution est dans sa parole, pas dans votre tête.
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Changez de lunettes : La Supervision. Souvent, l’inspiration est bloquée par un angle mort. Parler de ce blocage à un superviseur permet de voir la situation sous un angle inédit, ce qui débloque instantanément la créativité.
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Nourrissez-vous ailleurs : Ne cherchez pas l’inspiration uniquement dans les livres de psychologie. Lisez un roman, allez voir une expo, marchez en forêt. C’est souvent par des chemins de traverse que l’intuition revient.
Ne craignez pas le manque d’inspiration. Craignez plutôt la certitude.
Celui qui a réponse à tout n’accompagne pas, il enseigne. Celui qui accepte de traverser le brouillard avec son client, avec humilité et présence, fait le véritable travail de la relation d’aide.
Alors la prochaine fois que le blanc s’installe, respirez. Ce n’est pas la fin de votre compétence, c’est peut-être le début de la rencontre.

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