C’est une phrase qui résonne de plus en plus souvent dans l’intimité des cabinets d’accompagnement : « Je fais tout bien, j’ai tout pour être heureux, mais je ne ressens plus rien. À quoi bon ? »
Alors que le mois de mai déploie toute son énergie et que la nature est en pleine ébullition, ce décalage entre l’effervescence extérieure et le grand vide intérieur peut être particulièrement douloureux à vivre. Le vertige existentiel est là. La perte de sens ne frappe pas toujours après un drame ; elle s’installe souvent silencieusement, au milieu d’une vie quotidienne en apparence parfaite.
Chez Théolis Formations, nous abordons cette thématique avec une vigilance particulière. Car face à la quête de sens, la pire erreur – pour soi-même comme pour ses clients – est de tomber dans le piège de la « mission de vie ».
Le mythe toxique de la « mission de vie »
Aujourd’hui, une injonction pernicieuse a envahi le développement personnel : il faudrait « trouver sa voie », avoir une vocation grandiose, une passion dévorante pour que la vie vaille la peine d’être vécue.
Cette quête d’un sens unique et absolu est génératrice d’une immense anxiété. Si on ne trouve pas cette fameuse mission, on se sent défectueux, raté.
Pourtant, le sens de la vie n’est pas un trésor caché sous une pierre qu’il suffirait de découvrir. Le sens ne se trouve pas, il se tisse. Il se fabrique artisanalement, jour après jour, à travers de petits alignements entre nos valeurs profondes (qui évoluent avec le temps) et nos actions quotidiennes.
Pourquoi perd-on le sens ?
Le sens s’évapore souvent pour deux raisons principales :
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Le pilote automatique : Nous avons passé des années à courir pour remplir des objectifs dictés par la société, nos parents ou notre ego (réussir, acheter, fonder une famille). Une fois la ligne d’arrivée franchie, le cerveau demande : « Et maintenant ? »
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La mue identitaire : Ce qui donnait du sens à votre vie à 20 ans n’est plus valable à 40 ou 50 ans. Vous avez évolué, mais votre cadre de vie est resté le même. La perte de sens est en réalité le signal sain que l’ancien vêtement est devenu trop étroit.
Accompagner le vertige existentiel : Le défi du praticien
Pour un professionnel de la relation d’aide, recevoir un client empêtré dans cette crise est un véritable test de posture.
Face au vide du client, l’accompagnant peut ressentir de l’angoisse et être tenté de « remplir » ce vide : donner des conseils, proposer des tests de personnalité, chercher à remotiver à tout prix.
C’est une erreur fondamentale.
Votre rôle n’est pas de fournir un sens « prêt-à-porter » à votre client. Votre rôle est d’offrir une présence contenante et d’utiliser la maïeutique (l’art d’accoucher les esprits) pour l’aider à regarder son vide sans paniquer. C’est dans ce silence et cet accueil que le client pourra identifier ce qui, pour lui et lui seul, a de la valeur aujourd’hui.
Retrouver sa boussole : L’exigence de la formation
Aider l’autre à traverser sa nuit noire de l’âme ou sa crise de milieu de vie exige une maturité professionnelle absolue.
Chez Théolis Formations, nos parcours intègrent cette dimension complexe de l’être humain.
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Par l’Écoute Active, nous vous apprenons à écouter au-delà des mots pour entendre les valeurs bafouées de votre client.
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Par la Psychopathologie, nous vous aidons à différencier une saine crise existentielle d’un épisode dépressif nécessitant un suivi médical.
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Par le travail sur la Posture, nous vous formons à ne jamais projeter vos propres réponses existentielles sur la personne que vous accompagnez.
Retrouver du sens n’est pas une fulgurance. C’est un lent travail d’orfèvre. Apprendre à accompagner ce travail est peut-être l’une des missions les plus nobles de nos métiers.
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