C’est un sujet dont on parle peu dans les cercles de superviseurs ou à la machine à café entre collègues. Il y a une forme de honte attachée à cela. Comment, nous qui avons choisi un « métier passion », nous qui sommes portés par le sens et l’humain, pouvons-nous soudainement ne plus avoir envie ?
Et pourtant, cela arrive. À tout le monde. Même aux plus expérimentés.
Le réveil sonne, et l’élan n’est pas là. L’idée de recevoir ce prochain client pèse une tonne. Le doute s’insinue : « Suis-je encore à ma place ? »
Chez Théolis Formations, nous croyons qu’il est urgent de normaliser ces traversées du désert. La perte de motivation n’est pas une faute professionnelle. C’est un voyant lumineux sur votre tableau de bord intérieur. Reste à savoir ce qu’il signale.
Diagnostic : Fatigue ou Désalignement ?
La première étape pour ne pas sombrer est de poser le bon diagnostic. La « démotivation » est un mot-valise qui cache souvent deux réalités distinctes :
- L’usure de compassion (Fatigue) : Vous aimez toujours ce que vous faites, mais vous n’avez plus l’énergie pour le faire. Vous avez trop donné, vos limites ont été poreuses. Ici, le remède n’est pas de changer de métier, mais de se reposer radicalement. C’est une question d’écologie personnelle.
- La perte de sens (Désalignement) : Vous avez de l’énergie pour d’autres choses, mais plus pour ça. Vos accompagnements tournent en rond, vous vous ennuyez, vous ne vous sentez plus utile. C’est souvent le signe que votre pratique actuelle est devenue trop étroite pour la personne que vous êtes devenue.
Le piège de la routine dans un métier du vivant
Paradoxalement, on peut s’installer dans une routine même dans les métiers de l’aide. Si vous utilisez les mêmes outils depuis cinq ans, si vous attirez toujours le même type de problématiques, il est normal que la flamme vacille.
L’être humain est fait pour apprendre. L’accompagnant a besoin d’être nourri pour pouvoir nourrir les autres. Si vous ne recevez plus (de nouvelles connaissances, de nouvelles perspectives), vous finissez par vous assécher. La démotivation est souvent le cri d’un esprit qui a soif de nouveauté.
Accepter l’hiver pour préparer le printemps
Lutter contre la démotivation est épuisant et contre-productif. Il s’agit plutôt de l’accueillir comme une saison nécessaire.
Rappelez-vous : l’hiver, la nature ne produit rien de visible. Elle se régénère.
Si vous traversez cette phase :
- Cessez de culpabiliser : Vous n’êtes pas un mauvais accompagnant, vous êtes un accompagnant en mutation.
- Revenez au corps : Quand la tête doute, le corps sait. Prenez soin de votre « véhicule » (sommeil, nature, mouvement).
- Cherchez l’étincelle ailleurs : Parfois, la motivation professionnelle revient après avoir nourri sa créativité personnelle (art, lecture, sport).
La formation comme levier de ré-enchantement
Souvent, le meilleur remède contre l’essoufflement professionnel est de redevenir un « débutant ».
Se former à une nouvelle approche (systémie, psychopathologie, nouveaux outils d’écoute), c’est remettre du jeu, de la curiosité et de l’humilité dans sa pratique. C’est découvrir de nouvelles portes d’entrée pour aider vos clients, ce qui, mécaniquement, relance l’intérêt et l’efficacité.
La motivation n’est pas un état permanent. C’est un mouvement. Si elle s’arrête, c’est peut-être simplement pour vous inviter à changer de direction ou de rythme. Écoutez ce silence, il a des choses à vous apprendre.

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